Le Langage et l'Homme, vol. 46, fascicule 2 (déembre 2011)
Dossier — La classe de langue entre théorie et pratique
Fatima Chnane-Davin — Présentation du dossier [Texte intégral]
I. L’élève et la construction de compétences plurielles
Marie-Laure Barbier — Du bilinguisme en général et de la « bilitéracie » en particulier [Résumé-Abstract]
Robert Bouchard— « Enfants nouvellement arrivés en France », compétence scolaire et littératie académique [Résumé-Abstract]
Raffaele Spiezia — La lisibilité et la didactique du français langue étrangère : considérations théoriques et pratiques [Résumé-Abstract]
Ali Kherbache — Le déficit scriptural en FLE : cas d’étudiants algériens en licence [Résumé-Abstract]
Françoise Armand — Activités d’éveil aux langues, discrimination auditive et conscience plurilingue au préscolaire en contexte pluriethnique et défavorisé [Résumé]
Nathalie Auger — S’appuyer sur la compétence plurilingue-pluriculturelle des élèves allophones nouvellement arrivés en France pour favoriser l’entrée dans le français [Résumé]
Fatima Chnane-Davin — Compétences linguistiques et/ou compétences scolaires ? [Résumé]
II. Le professeur et les pratiques de classe
Kuo-Lei Chang — Étude sur la complexité dans l’évolution du rôle de l’enseignant et dans sa façon d’enseigner [Résumé-Abstract]
Catherine Mendonça Dias — La classe d’accueil, de la pratique à la théorie [Résumé-Abstract]
Marie-Noëlle Roubaud et Jocelyne Accardi — Une approche comparative des manuels scolaires de cycle 3 à partir du conte [Résumé]
Roland Boyer — Mallette pédagogique pour la langue régionale. Outil ou méthode pour l’activité enseignante ? [Résumé]
Varia
Luc Collès — Choc culturel et conflit identitaire. L’enseignement de la culture franco-belge à des adultes d’origine latino-américaine [Résumé]
Euphrosyne Efthimiadou — La contribution de l’imagination créatrice dans la variation discursive [Résumé]
Jean-Pierre Cuq — L’italien langue seconde : bienvenue au club ! [Résumé]
Résumés
Marie-Laure Barbier
Centre de recherche en Psychologie de la Connaissance, du Langage et de l'Emotion & IUFM d’Aix-Marseille, Université de Provence
Du bilinguisme en général et de la « bilitéracie » en particulier
La recherche sur le bilinguisme bénéficie de près de cinquante années d’études de plus en plus nombreuses et diversifiées, que ce soit en linguistique, psycholinguistique et neurolinguistique. De nombreux concepts sur le fonctionnement du bilingue font d’ors et déjà l’objet d’un consensus général sur le plan scientifique, tout du moins en ce qui concerne l’oral. Les compétences à l’écrit sont nettement moins étudiées. Elles sont pourtant tout autant impliquées dans le degré de maîtrise d’une langue seconde, surtout dans le cadre scolaire. Ce sont les particularités de l’apprentissage bilingue à l’écrit que cet article propose de présenter et d’analyser.
The research on bilingualism benefits of about fifty years from abundant and diversified studies, whether it is in linguistics, psycholinguistics and neurolinguistics. Some concepts about bilingualism are already shared in the literature, at least as regards the oral language. Bilingual skills on written language are sharply less studied. However, these skills are involved just as much in the degree of control of a second language, especially in the school context. It is the specificities of biliteracy that will be presented and analyzed in this article.
Robert Bouchard
Université Lumière-Lyon2
« Enfants nouvellement arrivés en France », compétence scolaire et littératie académique
A leur arrivée en France, c’est à l’école (obligatoire jusqu’à 16 ans) que s’opère essentiellement l’intégration scolaire des Ena. Le français y est la langue de communication comme d’enseignement-apprentissage des autres disciplines. C’est donc une compétence scolaire qu’il s’agit de développer le plus rapidement grâce à des dispositifs d’accueil organisés autour de la classe de Fls. Comme l’école est scripto-centrée, cette compétence doit être une compétence littéraciée qui se fonde sur une maîtrise de la lecture-écriture des écrits académiques utilisés en classe, qu’ils soient de la taille du mot de l’énoncé mais surtout du texte.
When they come to France, school is the first and main way for foreign children to get integrated in the French Society. In school, French is as well a communicating language as a teaching and learning language (for all the school subjects). So it’s a “school competency” that we have to develop as soon as possible. But as school is focused on writing, this competency must be a literacy one, which is based on the good usage of academic writing practised in classes.
Raffaele Spiezia
Facoltà di Lettere e Filosofia
Seconda Università degli Studi di Napoli
La lisibilité et la didactique du français langue étrangère : considérations théoriques et pratiques
Après avoir constaté les difficultés concernant la compréhension écrite de la part d’apprenants italophones en français langue étrangère, notre recherche s’intéresse d’abord à un panorama historique des recherches sur la lisibilité des textes écrits et puis sur des indications de pistes de recherches ultérieures. En effet si les études sur la lisibilité comptent une histoire plus que centenaire, marquée par différentes phases, il manque à l’heure actuelle des études portant sur la validité des formules de lisibilité existantes. Après avoir tracé un panorama historique des recherches menées et des résultats obtenus, nous allons présenter un prototype de logiciel « Textbalancer », utile pour le choix des textes adaptés aux différents niveaux de compétence des apprenants italophones en français langue étrangère.
In order to gauge readability, to assess surface text difficulty and lexical and syntactic features, quantitative criteria have long been in use to provide an objective calculation of text difficulty by applying mathematical formulae. As regards French language texts, in the early 1970s G. Henry’s formula broke new ground by assessing the readability of the written text taking into account the language skills of the reader. With this premise in mind this paper aims to sketch the history of research on readability of the written text over the last century, to outline the existing lexical base and to present a prototype of the ‘Textbalancer’ software, which proves to be a useful tool in analysing the level of difficulty of written texts in French designed to support teaching and learning in an Italian context.
Ali Kherbache
Université d’Annaba (Algérie)
Le déficit scriptural en FLE : cas d’étudiants algériens en licence
Dans cet article, on cherche à savoir pourquoi l’écriture en français chez des étudiants algériens arabophones, inscrits en licence de français, tend à presque disparaître. En effet, la constatation faite sur le terrain laisse voir que l’enseignement-apprentissage de l’écriture se présente comme un ensemble de projets inaboutis, erronés et difficilement négociés (quand les objectifs sont fixés) aux niveaux du pôle enseignant et du pôle apprenant-scripteur.
This paper speaks about the problem of writing and ‘’scription’’ activities of the algerain students of the licence in French is conceptualized according to a methodological procedure which is specific to ‘’research-action’’ in the field of didactics of French as a Foreign language in general and the didactics of writing in particular. This paper aims at making a contribution for facilitating the accessibility of the theoretical framework of the field to the researchers. It is about the socio-cognitive and psycholinguistic aspects concerning the activity of writing as such and writing as a product realized in a situation of appropriation. This paper is a work of reflection (in the context of a didactic experience) in relation to the identification and comprehension of a problematic activity : writing in French. The scriptors are students in the university of Souk-Ahras, Algeria, department of French language.
Françoise Armand
Université de Montréal
Activités d’éveil aux langues, discrimination auditive et conscience plurilingue au préscolaire en contexte pluriethnique et défavorisé
Cet article présente les résultats d’une recherche réalisée en milieu montréalais plurilingue et défavorisé et dont l’objectif consistait à analyser, auprès d’élèves immigrants allophones nouvellement arrivés et scolarisés dans trois classes d’accueil au préscolaire 5 ans, les effets d’activités d’Éveil aux langues (intégrées, dans deux classes sur les trois, à une séquence d’activités portant sur les capacités métaphonologiques) sur l’habileté de ces élèves 1) à réaliser des tâches de discrimination auditive dans des langues autres que le français et 2) à développer une « conscience plurilingue » leur permettant de distinguer et de nommer les diverses langues avec lesquelles ils sont en contact. Chez les élèves ayant bénéficié des activités d’Éveil aux langues, on observe des effets positifs sur leurs habiletés de discrimination auditive et en partie sur leur conscience plurilingue, contrairement aux élèves n’en ayant pas bénéficié.
Nathalie Auger
Université de Montpellier III
S’appuyer sur la compétence plurilingue-pluriculturelle des élèves allophones nouvellement arrivés en France pour favoriser l’entrée dans le français
La situation sociolinguistique des élèves nouvellement arrivés (ENA) en France est celle du contact de langues. Ce contact est faiblement mobilisé dans le contexte d’enseignement-apprentissage du français à l’Ecole. L’analyse des représentations du plurilinguisme dans l’hexagone explique le manque de formation des enseignants face à ce public. Une analyse ethnographique centrée sur les ENA (études des textes officiels, du matériel de classe, des interactions scolaires) laisse apparaître de nombreux malentendus liés à la communication exolingue, donc à une absence de prise en compte du contexte de contact de langues. S’appuyer sur la compétence plurilingue et pluriculturelle des élèves peut en revanche favoriser l’entrée dans la nouvelle langue.
Fatima Chnane-Davin
IUFM-Université d’Aix-Marseille
UMR P3 ADEF
Compétences linguistiques et/ou compétences scolaires ?
La langue de scolarisation (Verdelhan, 2002) prend de plus en plus de place dans la réflexion didactique actuelle. Elle détermine la réussite ou l’échec des élèves. Dans cette contribution, l’accent sera mis sur le travail du professeur. En s’appuyant sur des séances de classes dispositifs où sont regroupés des élèves dont le français est la langue seconde, nous examinerons et comparerons le travail des professeurs de « français » et des mathématiques. On expliquera la difficulté des enseignants à développer des compétences linguistiques en rapport avec la maîtrise de la langue et développer des compétences scolaires en rapport avec les savoirs véhiculés par la langue dans le discours spécifique des disciplines.
Kuo-Lei Chang
Université Tamkang, Taiwan
Étude sur la complexité dans l’évolution du rôle de l’enseignant et dans sa façon d’enseigner
Les deux "Triangle didactique" proposés par Houssaye et Legendre sont tous deux composés de trois facteurs : l'enseignant, l'élève, et le savoir transmis par des outils pédagogiques. En effet, l'étude en didactique des langues et des cultures se centre principalement sur ces trois facteurs, parmi lesquels « le rôle de l'apprenant » est le sujet qui nous intéressera en priorité.Durant la période située entre les deux guerres mondiales, l’étude des méthodes de l'enseignement passe au premier plan des préoccupations des Responsables de l’Enseignement, ainsi que le « rôle de l’enseignant » ou « l’acte d’enseigner » tout en subissant de grands changements.
Cet article est destiné, à travers un point de vue de "complexité" de traiter les deux questions fondamentales : le rôle de l'enseignant et sa fonction. L'objectif de ce travail est d'encadrer, à l'aide du concept de complexité, tout ce qui a été préconisé sur l'évolution du facteur éducatif et des différents types d'enseignement. La première partie de l'article sera consacré (1) à la recherche du concept de la "complexité", y compris ; (2) à connaître qui parle de didactique des langues et des cultures? (3) à savoir comment a été interprétée la suite des différentes recherches, c’est-à-dire quelles sont les propositions formulées par ce concept ? La seconde partie se propose, à partir de la nature complexe des triangles didactiques, "de définir les différents modèles de complexité" et le " rôle de l'enseignant" dans ces modèles.
Dans la troisième partie, l'auteure fera de même lors des débats sur "l'Art d'enseigner" et les associera à un autre modèle de complexité.There were three major items in the well-known “Teaching Triangle Pattern” namely teachers, students and teaching data. Teacher was then the most required role among them. In fact, various researches in the “Language and cultural teaching method” were also including the said above-mentioned three. And the part of “students” was originally often being studied. However, during the Second World War period, following the numerous rising teaching principles being sprout out, the studies regarding “Teacher’s role” and “Teaching” were obviously getting more important despite the impact of many disputes. This article is aimed at studying two old questions: “Teacher’s role” and “Teaching behavior” through the view of their complexities for the purpose of defining these two principles in the current concept of language development. The first part of the article is to study the so-called “complexity” including (1) Which French scholars had ever studied such a principle in the language and cultural teaching? (2) What were the relevant studying contents? (3) What were the concepts, proposals or suggestions raised up by those scholars? In the second part of this article, the author will propose his own developed “complexity pattern” and furthermore include the study of “The development of teacher’s role” into such pattern. At the last part, the author will focus on a similar study to “Teaching behavior” and propose another “complexity pattern” followed by a conclusion.
Catherine Mendonça Dias
Catherine Mendonça Dias
La classe d’accueil, de la pratique à la théorie
Des professeurs enseignent le français à des collégiens primo-arrivants en France qui ne maîtrisent pas ou peu le français. Avec des groupes d’élèves réputés hétérogènes, est-il possible d’enseigner les mêmes objets d’études d’une classe d’accueil à l’autre ? A travers les progressions annuelles de 20 professeurs, nous observons les objets d’études traités en cours de français pour identifier si une trame commune se dégage, en vue de réfléchir à la pertinence et faisabilité – ou non – d’un programme pour les dispositifs d’accueil.
Some teenagers who come for the first time in France have no skills in French or barely. In the secondary schools, special classes gather them for French lessons, instead or in addition to the regular courses. The goal is French communication especially for scholar purposes. We might wonder if a curriculum is possible and pertinent, although the learners have different profile (age, mother tongue, etc.). Thanks to the annual progressions of 20 specialized teachers, we’re analyzing French courses in order to identify common points. There are actually some common points about thematic, conjugation, grammar in the first semester. Generally, teachers never work on vocabulary or sentence peculiar to other disciplinary like history, etc. The results show that difference between the French courses is not due to the heterogeneity of learners but from choices of teachers. Some of them attach more importance to French as the language of communication and work with tools used abroad (French as a foreign language’s manuals, for instance) while others prefer to practice like they would do in an ordinary class (with metalanguage, study of literatary extract, etc). What’s more, there’s a great difference between the numbers of hours for learners, independently of their French level. In conclusion, we notice a curriculum would be necessary to guarantee an equal learning and would be possible despite the heterogeneity of learners. But this heterogeneity should be considered: every learner has one’s own rhythm to learn.
Marie-Noëlle Roubaud et Jocelyne Accardi
Université de Provence -IUFM d’Aix-Marseille
Une approche comparative des manuels scolaires de cycle 3 à partir du conte
Le but de cette recherche est de réfléchir sur la possibilité d’articuler les savoirs du français (L1) et ceux de la langue vivante étrangère (L2) dans le cadre de l’institution scolaire française. Cette articulation est pensée dans le cadre de la théorie de la transposition didactique se référant aux savoirs, savant (Chevallard, 1985) et multiréférentiels (Accardi, 2001) et dans celui d’une approche intégrative du français et de la langue étrangère présentée dans un numéro de la revue Repères de 2004.
Nous avons choisi de nous interroger sur les savoirs liés à la spécificité du conte en faisant une analyse comparative des tâches des manuels scolaires de L1 et de L2. L’entrée par l’étude des personnages des contes nous a paru intéressante à observer en français et en espagnol. Elle nous a permis de relever des tâches différentes, à l’oral et l’écrit en compréhension et en expression, qu’il conviendrait de prendre en compte à l’école. Ainsi ces deux langues, le français et l’espagnol, alors qu’elles s’ignorent généralement dans l’enseignement et dans la formation, pourraient s’enrichir mutuellement et ouvrir des horizons nouveaux aux enseignants et formateurs. Ceux-ci pourraient construire alors des dispositifs plus riches et plus performants dans chacune de ces deux langues pour en faire évoluer les curricula de l’école primaire. Les élèves de tous les niveaux trouveraient des bénéfices à ces parcours d’enseignements et en particulier ceux rencontrant des difficultés parce que leur apprentissage s’en trouverait facilité.The goal behind this research is to bring thought to the possibility of detailing the learning process of French (L1) and a foreign language (L2) within the French school system. This comparison is based on the didactic transposition theory referenced in Scientific Knowledge (Chevallard, 1985) and Multireferences (Accardi, 2001) as well as the Integrative approach Theory of French and Foreign Languages presented in a 2004 Repères Review. We have chosen to reflect upon the learning processes attached to fairy tales by comparing school text book activities of L1 and L2. The study of fairy tale characters seemed an interesting subject of observation in French and in Spanish. This study allowed us to bring to light different activities, oral and written comprehension and speech, to be considered in the school environment. Thus, these two languages, French and Spanish, although they usually have nothing to do with each other in teaching and training, could enrich each other and open new horizons for teachers and tutors. It would allow them to build better teaching techniques that would be more efficient in each of the individual languages allowing the curriculum to progress in elementary school. Students at all levels would benefit from these teaching methods, particularly those experiencing difficulties as they would find the learning process to be easier.
Roland Boyer
Aix-Marseille Université
ADEF P3 UMR
Mallette pédagogique pour la langue régionale. Outil ou méthode pour l’activité enseignante ?
Après avoir présenté la « mallette pédagogique » de provençal, initialement créée comme instrument d’apprentissage de la langue régionale, nous aborderons son appropriation et les modalités de sa transformation dans l’action. Cet article montrera au travers d’une approche ergonomique de l’activité enseignante que cet outil est fondateur de transformations de l’artefact ainsi que de l’évolution des pratiques de l’enseignant. Au travers des exemples donnés, nous mettrons à jour l’intérêt du dialogue et la richesse de la co-activité dans les relations enseignant-chercheur.
Mots clés : Ergonomie de l’activité - instrument pédagogique – transformation de l’outil – développement des pratiques - autoconfrontation.
Luc Collès
Université catholique de Louvain / CRIPEDIS
Choc culturel et conflit identitaire. L’enseignement de la culture franco-belge à des adultes
d’origine latino-américaine
Nous rendrons compte ici d’une expérience d’enseignement du français (FLE) à des immigrés latino-américains menée durant l’année académique 2009-2010 à Bruxelles. Partant d’études de sociologues et d’anthropologues (Collès 2003), nous avons émis l’hypothèse selon laquelle des Latino-Américains, immigrés depuis peu en Belgique, vivaient une situation de choc culturel et de conflit identitaire. Selon Margalit Cohen-Émerique (1999 : 304), un tel choc peut être défini comme “ une réaction de dépaysement, plus encore de frustration ou de rejet, de révolte et d’anxiété, ou sur un mode positif, un étonnement, une fascination ; en un mot, c’est une expérience émotionnelle et intellectuelle qui apparaît chez ceux qui, placés par occasion ou profession hors de leur contexte socioculturel, se trouvent engagés dans l’approche de l’étranger. Il constitue un élément important dans toute rencontre interculturelle (…). Ce choc est un moyen important de prise de conscience de sa propre identité sociale dans la mesure où il est repris et analysé ”. Nous avons ensuite voulu confirmer notre hypothèse grâce à une enquête par questionnaire. Notre but étant en effet d’élaborer des parcours didactiques destinés à résorber le choc culturel de ces Latino-Américains, il nous semblait important de commencer par vérifier les représentations (Zarate 1993 et Verbunt 1994) de notre public sur les composantes culturelles que nous voulions étudier, à savoir les dimensions spatiale et temporelle des cultures en présence. Pour ce faire, nous avons pris contact avec un professeur bénévole qui donnait, dans une paroisse de Bruxelles, des cours de français à un groupe d’adultes composé de six Equatoriens, groupe homogène auquel sont venus s’ajouter plus tard une Colombienne et un Péruvien. Nous avons ensuite étendu notre étude à un groupe hétérogène qui suivait des leçons de français à la Maison de l’Amérique Latine à Bruxelles.
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Euphrosyne Efthimiadou
Ecole de l’Air, Grèce
La contribution de l’imagination créatrice dans la variation discursive
Si l’homme désire tendre vers le progrès, c’est par sa pensée créatrice qu’il pourra creuser tous les domaines de la vie. Car cette ardeur de l’âme, associée à la combinaison divergente et à l’originalité vise à conduire à des voies nouvelles. D’après un article intitulé « l’homme et ses puissances d’imagination », publié en ligne par le Figaro, le rédacteur souligne la dimension de l’imagination créatrice qui demeure liée au monde fictif loin de toute forme reproductrice car c’est la faculté de l’homme de dépasser ses propres limites pour atteindre le sublime. « L'imagination invente plus que des choses et des drames, elle invente la vie nouvelle, elle invente de l'esprit nouveau; elle ouvre des yeux qui ont des types nouveaux de vision. Elle verra si elle a des "visions". Elle aura des visions si elle s'éduque avec des rêveries avant de s'éduquer avec des expériences, si les expériences viennent ensuite comme des preuves de ses rêveries. » (1). La capacité à rêver en créant de nouvelles images s’enrichit par le vécu personnel et l’acquisition des expériences. Tout d’abord, on va présenter les formes éventuelles que pourrait revêtir l’imagination créatrice, et puis, on va se demander quels facteurs contribuent à la variation discursive. Enfin, on va étudier les activités liées à la didactique du FLE qui encourageront les apprenants à s’impliquer dans des situations authentiques et divergentes à la fois en vue de passer à un apprentissage constructif.
Jean-Pierre Cuq
Université de Nice-Sophia-Antipolis, UMR ADEF
L’italien langue seconde : bienvenue au club !
Si la problématique de l’italien comme langue seconde semble être relativement récente, elle est en revanche assez bien établie désormais en France. Cette différence de prise de conscience didactique s’explique par l’histoire différente des deux pays en matière de migration. C’est donc à partir de réflexions menées depuis plusieurs années sur la langue française que je tenterai de fournir ici un éclairage indirect sur l’italien.
Je commencerai par définir le concept de langue seconde à partir d’exemples d’autres langues que l’italien, puis en définissant les caractéristiques communes à toute langue seconde. Je l’affinerai ensuite en me centrant sur ce qui me parait concerner plus particulièrement l’italien et la formation des professeurs en ce domaine.


